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Daniel 8 : La vision d’un bélier et d’un bouc
La vision décrite dans le huitième chapitre de Daniel a été donnée au prophète la troisième année du règne du roi babylonien Belschatsar (553-554 avant notre ère). Deux ans plus tôt, Daniel avait eu la vision de quatre bêtes et d’une petite corne, dont il est question au chapitre 7.
À présent, nous pouvons mieux comprendre cette vision, Dieu nous l’ayant expliquée par trois moyens : 1) par les propos de l’archange Gabriel à Daniel ; 2) grâce à d’autres prophéties traitant du même sujet ; et 3) par ce qui s’est passé dans l’histoire.
Cette vision s’apparente à celle de Daniel 7. Néanmoins, elle nous fournit des détails supplémentaires, notamment à propos des deuxième et troisième royaumes sur les quatre royaumes décrits au chapitre 7.
Le bélier et ses deux cornes
Daniel 8:3-4 décrit un bélier ayant deux cornes. Ce qui est intéressant, c’est que l’une de ces cornes est plus grande que l’autre. Au verset 20, l’archange Gabriel dit à Daniel que ce bélier symbolise « les rois des Mèdes et des Perses ». Lorsqu’ils allaient au combat, au lieu de porter une couronne, les rois de l’empire Médo-Perse, portaient des casques qui ressemblaient à des cornes de béliers. Par conséquent, cette prophétie dépeint avec précision les rois Médo-Perse allant à la guerre ; Par ailleurs, Historiquement, la Perse était la plus grande corne – étant la puissance principale de l’Empire médo-perse.
Cet aspect de cette vision est une réplique de ce qui est révélé à propos du deuxième animal dans le chapitre précédent. À propos de cette deuxième puissance mondiale, on peut lire, dans Daniel 7:5 qu’il « se tenait sur un côté ». Le côté perse s’élevait plus que celui de la Médie. La vision du deuxième animal dans Daniel 7:5 et celle du bélier dans Daniel 8:3, 20 représentent toutes les deux la prééminence perse dans l’Empire médo-perse.
Dans Daniel 8:4, cet empire est décrit comme s’étendant et conquérant dans trois directions, de sa capitale perse (Suze). L’ouest se rapporte à la Grèce, le nord se rapporte à Babylone et le sud à l’Egypte. L’un des rois perse, Cyrus le Grand – avait été prophétisé, et nommé d’avance, dans le livre d’Ésaïe, où il est précisé – 150 ans avant sa naissance – ce qu’il accomplirait (Ésaïe 44:28 ; 45:1-4). Le quatrième roi de Perse était Xerxès I (ou Assuérus) dont la reine, comme l’indique la Bible, était la reine Esther (Esther 2:16-18).
Le bouc conquiert le bélier
Dans Daniel 8:5-7, un bouc ayant une grande corne entre les yeux apparaît subitement de l’occident et brise les deux cornes du bélier. L’ange Gabriel dit à Daniel que ce bouc représente « le roi de Javan » (ou de Grèce) qui, comme le révèle l’histoire, était Alexandre le Grand (Daniel 8:21). Après un peu plus de 200 ans, l’Empire médo-perse cessa d’exister, en 331 avant notre ère.
Cette prophétie d’un bouc représentant le même royaume que le troisième animal de Daniel 7, annonce un événement au verset 8. La grande corne qui se brise, dont il est question ici, représente la mort subite d’Alexandre le Grand, à l’âge de 33 ans. Après avoir conquis tous les pays s’étendant de la Grèce à l’Inde, Alexandre meurt. Son royaume est alors scindé en quatre petits royaumes (Daniel 8:8, 22).
Nous savons, d’après l’histoire, que ces quatre royaumes étaient 1) le royaume gréco-macédonien dirigé par Cassandre ; 2) celui d’Asie Mineure dirigé par Lysimaque ; 3) celui englobant l’Égypte et la Palestine, dirigé par Ptolémée Sôter ; et 4) celui formé par la Syrie, Babylone et l’Est de l’Inde, dirigé par Séleucos Nicator. Le restant de la prophétie couvre ensuite un évènement qui s’est déjà produit une fois avant le Premier Avènement de Christ, mais qui doit se répéter sur une plus grande échelle avant Son Second Avènement.
Le double accomplissement de l’abominable dévastation
La seule allusion de Jésus au livre de Daniel était à propos de « l’abominable dévastation » future (Matthieu 24:15 ; Marc 13:14). Or, dans Daniel 8:9, il est question d’une prophétie sur un tel évènement qui s’est produit, d’après l’histoire, vers 160 avant notre ère. Il est clair qu’il devait y avoir plus d’une « abominable dévastation » et que les descriptions prophétiques de Daniel étaient à double sens.
Dans Daniel 8:9, la première « abomination de la désolation » allait être perpétrée par une « petite corne » issue de la cassure de la « grande corne » mentionnée au verset 8. Cette dernière représentait la Grèce et Alexandre le Grand (versets 21-22). En revanche, ce qui diffère entre la « petite corne » de Daniel 7:8 – apparentée aux 10 cornes du quatrième royaume (l’Empire romain) – la « petite corne » de Daniel 8:9 représente un dirigeant surgissant du fait des divisions de l’empire d’Alexandre le Grand. Bien que ces petites cornes de Daniel 7 et 8 représentent des individus ou dirigeants différents, elles ont toutes quelque chose en commun : elles persécutent le peuple de Dieu.
La « petite corne » de Daniel 8:9 allait commettre d’horribles méchancetés contre le peuple de Dieu et le temple de Jérusalem (Daniel 11:29-31). Cette « petite corne » allait s’avérer être Antiochos IV Épiphane de l’Empire séleucide – aussi appelé « le roi du septentrion ».
Les versets qui décrivent cette abomination (Daniel 8:9-14) ont double sens. Par exemple, on peut lire au verset 11 : « Elle a grandi jusqu’au niveau du chef de l’armée ». Il est précisé au verset 25 qu’« il se dressera contre le Prince des princes ». Le « Prince » dont il est question dans ces deux versets est Jésus-Christ. Jadis, Antiochus IV accomplit la première « abomination ».
Antiochus fit mourir plusieurs des dirigeants politiques et religieux d’Israël y compris le grand-prêtre Onias III. En outre, il s’éleva lui-même afin d’être aussi grand que le Prince de l’armée, c’est-à-dire Dieu. Il interdit le sacrifice quotidien dans le temple. Il profana le sanctuaire par un autel consacré à la déité grecque qu’il adorait. Sur l’autel, il offrit en sacrifice du sang de porc, ce qui était une abomination pour les Juifs. Il abolit aussi la loi mosaïque, interdit la circoncision et imposa aux juifs un style de vie païen. Et quiconque refusait d’obéir à Antiochus ou se rebellait contre lui était mis à mort.
Il importe de noter que le titre “Épiphane” (l’illustre) a aussi le sens de « très évident » ou de « manifeste ». D’après les pièces [de monnaie] gravées à son effigie, nous savons qu’il apparentait cet Epiphane au titre supplémentaire Theos (“Dieu”). Autrement dit, par ces deux termes, il se faisait appeler « le Dieu illustre » ou « le Dieu manifeste ».
Au temps de la fin, il y aura quelqu’un qui sera un type de la « petite corne » du verset 9 et qui suivra les traces d’Antiochus (2 Thessaloniciens 2:4). Celui-ci sera en fait l’accomplissement de la « petite corne » de Daniel 7:8.
Daniel pria, cherchant à comprendre le sens de la vision décrite au chapitre 8, quand l’ange Gabriel a été envoyé pour la lui expliquer (versets 15-17). L’apôtre Paul savait, d’après Daniel 8, 11 et 12, qu’un individu de ce genre apparaîtrait avant le retour de Christ (2 Thessaloniciens 2:4-12).
Le sacrifice perpétuel sera interrompu
Dans la vision, Daniel vit que les sacrifices journaliers seraient interrompus par la « petite corne », et il apprit que cette interruption durerait « 2 300 soirs et matins » avant que le sanctuaire ne soit purifié (versets 13-14). Ces « soirs » et « matins » représentent les sacrifices journaliers ayant lieu le soir et le matin.
L’historien juif Flavius Josèphe a écrit : « Et le vingt-cinquième jour du mois de Chasleu, que les Macédoniens nomment Apellaios, le chandelier fut allumé, l'encens brûlé sur l'autel, les pains placés sur la table, un holocauste offert sur le nouvel autel aux sacrifices. Il se trouva que ces cérémonies eurent lieu le jour anniversaire de celui où les Juifs avaient changé leur culte saint pour un culte impur et adopté les mœurs des autres peuples, trois ans auparavant ; le Temple, dévasté par Antiochus, était en effet resté trois ans dans cet abandon » (Antiquités des Juifs, 12:7:6).
Et Josèphe de poursuivre : « Le Temple avait été dévasté suivant la prophétie faite par Daniel quatre cent huit ans auparavant » (ibid., 12:7:7). Judas Macchabée, qui prit la tête des Juifs pour reprendre Jérusalem, célébra une fête pendant huit jours et « depuis ce temps jusqu'aujourd’hui, nous célébrons cette fête, que nous appelons fête des Lumières ». Il s’agit à présent de la fête de Hanoukka.
La vision interprétée pour Daniel
Les versets 23-26 reviennent sur les versets 9-14, mais insistent sur l’abomination finale de la désolation. Nous répétons qu’il y a dualité dans les versets 23-25 ; ils s’appliquent à Antiochus anciennement, mais ils soulignent aussi l’accomplissement final dont Christ a parlé dans Matthieu 24:15.
À propos de ce persécuteur du temps de la fin, il est écrit dans Daniel 8:25 : « Grâce à son habileté, il réussira dans ses manœuvres trompeuses et il aura le cœur rempli d’arrogance. Il fera mourir beaucoup d’hommes qui vivaient dans la tranquillité et il se dressera contre le prince des princes [Christ]. Cependant il sera brisé sans aucune intervention extérieure ». Cela ressemble à l’interprétation du songe qu’eut Nebucadnetsar et dans lequel « la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d’aucune main » détruit le dernier royaume et l’abomination qu’il a causée (Daniel 2:44-45).
Bien que la prophétie de Daniel 8 se soit accomplie dans l’histoire, il fut dit à Daniel : « Tiens secrète cette vision, car elle se rapporte à des temps éloignés » (Daniel 8:26). Il lui fut également dit de faire de même à propos de la vision sur la grande détresse et sur le temps de la fin (Daniel 12:1-4, 9). L’ordre donné dans ces deux passages de « tenir secrète cette vision » et de « sceller le livre jusqu’au temps de la fin » indique que ces passages s’appliquent à notre époque – au temps de la fin.
« Lorsque vous verrez l’abominable dévastation »
L’un des avertissements solennels de Christ à Ses disciples – nous, y compris – est directement tiré du livre de Daniel. Cet avertissement nous dit que cette prophétie sera à nouveau accomplie à la fin du monde. Un jour, l’antichrist, comme Antiochus Epiphane, surgira pour détruire Israël et profaner le sanctuaire (Matthieu 24:15 ; Marc 13:14). Depuis qu’Israël est revenu dans son pays en 1948, nous vivons au temps de la fin, période où beaucoup de ces prophéties commencent à s’accomplir.

