Apostasia

10 raisons pour lesquelles le mot « apostasia » dans 2 Thess. 2 : 3 désigne : l’Enlèvement de l’Eglise.

Un résumé du livret « The Falling Away » du Dr. Andy Woods

Ed. DISPENSATIONAL 2018

« Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie (apostasia) soit arrivée auparavant,..» 2 Thess. 2 : 3a.

Le cadre :

Lors de son second voyage missionnaire, l’apôtre Paul implanta l’église à Thessalonique. Après moins d’un an Paul fut forcé de quitter la ville à cause de la persécution des juifs non croyants. Ceci le mena à Bérée, puis Athènes et finalement à Corinthe. En écrivant les deux lettres aux thessaloniciens, il s’adressait à une jeune église qui avait entre 6 mois et 1 an d’existence : donc à des chrétiens néophytes.

Ils étaient pour le moins confus : le verset précédent indique : « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par une parole, ou par une lettre qui semblerait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là.» 2 Thess. 2 : 1 – 2.

Pendant l’absence de Paul une lettre a circulé, provenant apparemment de Paul et disant aux nouveaux convertis de Thessalonique qu’ils se trouvaient dans la période des Tribulations. Or, lorsqu’il était encore avec eux quelques mois auparavant, il leur avait enseigné qu’ils allaient être enlevés au Ciel avant cette période : 1 Thess. 1 : 10 + 1 Thess. 4 : 13 – 18.

Mais maintenant, à cause de cette lettre, les chrétiens de Thessalonique pensaient qu’ils étaient dans la Tribulation. Ceci était dû au fait que les juifs non-croyants qui avaient persécuté Paul se tournaient maintenant contre les fidèles pendant son absence.

Gardons à l’esprit que la plupart des Ecrits du N.T. n’étaient pas encore écrits (les lettres aux thessaloniciens sont parmi les premières), que l’apôtre qui les avait menés à Christ était absent, et que, en tant que nouveaux convertis, ayant peu de connaissances spirituelles, ils étaient ébranlés et confus à cause de l’apparente incohérence entre les premiers enseignements de Paul et cette lettre venant supposément de lui.

Voilà pourquoi Paul répond en 2 Thess. 2 : 3 – 12 en avançant 5 raisons prouvant que le Jour du Seigneur n’avait pas encore débuté :

Il n’y a pas d’apostasie : v. 2 : 3a,

On n’a pas vu paraître l’homme impie (l’Antéchrist) : v. 3a – 4,

Ce qui le retient n’a pas disparu : v. 5 – 7,

La destruction de l’impie : v. 8 – 9,

La condamnation des disciples de l’impie : v. 10 – 12.

Ce que nous voulons mettre en exergue ici, c’est la première raison que mentionne Paul pour laquelle son auditoire n’était pas encore entré dans les Tribulations ou le Jour du Seigneur.

Paul est clair : il faut « d’abord » qu’il y ait l’apostasie.

Ce mot grec a principalement 2 significations :

Apostasie, départ spirituel comparable au monde incroyant qui suit l’Antéchrist : la plupart des chrétiens d’aujourd’hui croient que c’est ce que Paul indique ici.

Un départ physique, s’éloigner de, une défection, une désertion.

Si ce second sens est le bon, Paul indique simplement aux croyants de Thessalonique qu’il n’est pas possible qu’ils soient dans la période des Tribulations car leur départ physique, lié à l’Enlèvement pré-tribulationniste n’avait tout simplement pas eu lieu.

Quelle différence cela fait-il si 2 Thess. 2 : 3 parle de l’un ou de l’autre ?

Cela fait plus de 100 ans qu’il y a un débat acharné parmi ceux qui croient en les 7ans de Tribulations suivis du Royaume Millénaire : à quel moment aura lieu l’Enlèvement ?

Les pré-tribulationnistes croient qu’il aura lieu avant,

Les mi-tribulationnistes croient qu’il aura lieu au milieu des Tribulations,

Les post-tribulationnistes croient qu’il aura lieu à la fin des Tribulations

Si 2 Thess. 2 : 3 parle d’un départ physique et non d’un « abandon spirituel », alors le débat sur le moment de l’Enlèvement est définitivement clos !

Paul précise : «  il faut que l’apostasie (apostasia) soit arrivée auparavant » : le mot grec est : « proton » qui signifie : « avant toute chose ».

Si un départ physique doit avoir lieu avant que le Jour du Seigneur ne commence, c’est une victoire décisive pour le pré-tribulationnisme : l’interprétation correcte de 2 Thess. 2 : 3 a donc des conséquences décisives sur le moment de l’Enlèvement.

Je vais développer 10 raisons pour lesquelles « apostasia » parle d’un départ physique :

1 Il y a toujours eu des « apostasies », des « départs spirituels », des « hérésies » :

Paul les prophétise lui-même dans Actes 20 : 28 – 31, lorsqu’il quitte les Ephésiens en sachant qu’il ne les reverrait plus : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Eglise de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous.».

De plus Paul a lui-même déjà vécu ces apostasies comme le prouvent ces 2 versets :

« Cela dura deux ans, de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur. » Actes 19 : 10.

« Tu sais que tous ceux qui sont en Asie m’ont abandonné, entre autres Phygelle et Hermogène. » 2 Tim. 1 : 15. Etonnant après son ministère flamboyant dans toute l’Asie, dans ces temps apostoliques…

Sa prophétie sur l’apostasie spirituelle est évidente si on étudie l’histoire de l’église des 2 000 ans passés.

Comment alors une apostasie spirituelle pourrait-elle marquer le début des Tribulations en étant un signe « décisif » ?

2 La seconde lettre aux Thessalonissiens date du début du ministère de Paul.

1 et 2 Thess. font partie des premières lettres de Paul. Voici leurs chronologies avec les dates approximatives :

An 49 : Galates

An 51 : 1 et 2 Thess.

Années 56 – 57 : 1 et 2 Cor. + Rom.

Années 60 – 62 : Eph. + Philémon + Phil.

An 62 : 1 Tim. + Tite

An 67 : 2 Tim.

Pourquoi cette chronologie est-elle importante ?

Quoique Paul ait dû gérer une apostasie immédiate parmi les premiers fidèles (Gal. 1 : 6 – 9), il ne prédit et n’alerte à propos de la fin des temps que bien plus tard dans son ministère. L’apostasie de la fin des temps n’est pas présente à son esprit au début.

D’après ma compréhension, la première prédiction que Paul donne au sujet d’un « abandon spirituel » date de versets écrits à la fin de son 3ième voyage missionnaire, lorsqu’il parle aux anciens d’Ephèse et de Milet (Actes 20 : 28 – 31 cités plus haut).

Ce n’est que dans les lettres à Timothée que Paul commence véritablement à évoquer ce reniement spirituel de la fin des temps :

Il le fait d’abord un peu dans 1 Tim. 4 : 1 et suivants, puis cela devient le sujet principal de 2 Tim. (2 Tim. 3 : 14 à 4 : 8).

Pierre, lui aussi aborde ce sujet dans 2 Pierre, épitre, elle aussi écrite autour de l’an 64.

Puis Jude, le demi-frère de Jésus, s’appesantit sur ce sujet dans son écrit qui date des années 68 à 70.

Alors : quel est le lien avec 2 Thess. ?

Cette apostasie de la fin des temps n’est pas le point central du début de son ministère. Même si cela devient un sujet essentiel plus tard, ce n’est pas le sujet dominant pour l’Eglise à ses débuts.

Ajoutons que si nous étudions 1 et 2 Thess., nous ne trouvons pas le mot « apostasia » à part dans 2 Thess. 2 : 3a, ni même un quelconque développement sur le thème de la défection de la saine doctrine.

3 L’article défini devant le nom : « apostasia ».

« Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché2 Thess. 2 : 3a.

Notons aussi qu’il y a un article défini devant l’homme du péché.

Cela indique que l’apostasie a des liens spécifiques, de même que le fils du péché a des liens spécifiques.

En d’autres termes : de même que l’avènement de l’homme du péché sera particulier en un moment de l’histoire future, la future « apostasie » ou disparition sera spécifique et liée au temps.

L’arrivée de l’Antéchrist prendra place à un moment spécifique en lien avec l’ouverture du 1er sceau (Apoc. 6 : 1 – 2).

De la même manière, l’article défini indique que l’apostasie aura lieu instantanément.

Ceci ne concorde pas bien avec une apostasie spirituelle qui se fait graduellement à travers tout un processus : les hérésies ne sont pas des événements instantanés.

Après tout, cela a pris 30 ans à l’église d’Ephèse pour se détacher de Christ en abandonnant son premier amour (Apoc. 2 : 4 – 5).

A l’inverse, l’Enlèvement de l’Eglise sera un événement instantané qui prendra place « en un clin d’œil » : 1 Cor. 15 : 51.

Ces deux articles définis indiquent que l’apostasie aura lieu aussi instantanément que l’apparition de l’Antéchrist.

Cette compréhension est plus en harmonie avec l’interprétation d’« apostasia » comme étant un exode instantané de l’Eglise par l’Enlèvement plutôt qu’une érosion doctrinale.

4 Le nom « apostasia » peut se référer à un départ physique.

Ceux qui défendent le fait que « apostasia » indique une apostasie doctrinale avancent que la seule autre fois que ce mot apparaît dans le N.T. est dans Actes : 21 : 21 : « Or, ils ont appris que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les païens à renoncer (apostasia) à Moïse, leur disant de ne pas circoncire les enfants et de ne pas se conformer aux coutumes.».

Ici « apostasia » est traduit par : renoncer, se détacher, abandonner, défection vis-à-vis de Moïse, se détourner… selon les versions.

Paul est ici accusé de conduire une apostasie spirituelle. Et comme c’est le seul autre passage où ce mot est utilisé, ils en déduisent que c’est le seul sens possible dans 2 Thess. 2 : 3a.

Mais cette méthode est bien superficielle, car il faut définir le sens des mots en fonction du contexte.

Or, le contexte et l’auteur sont différents et dans Actes 21 : 21 il s’agit bien d’une apostasie spirituelle.

Le mot « apostasia » est un mot composé de 2 mots : la préposition « apo » qui signifie : séparé de, et le second est : « histemi » qui veut dire : se tenir.

Donc « apostasia » veut simplement dire : « se tenir éloigné de » ou : « partir ».

Vient alors la question : « partir de quoi » ? Et ce n’est que la contexte qui permettra de définir si ce départ est spirituel ou physique.

Donc « apostasia » n’a pas du tout le sens inhérent d’un « abandon spirituel », mais peut l’indiquer si le contexte s’y réfère.

D’un autre côté, « apostasia » n’a pas non plus un sens inhérent lié à un exode physique : ce n’est que le contexte qui le précisera.

Voilà le maître-mot : le contexte (comme presque toujours dans la Bible).

Le dictionnaire grec : « Liddell and Scott » qui est une référence, définit le mot « apostasia » par : rébellion envers Dieu, apostasie, départ, disparition, distance.

Tandis que les 2 premières définitions indiquent une abdication spirituelle, les 3 dernières parlent d’une fuite physique.

Un autre dictionnaire, le « A Patristic Greek Lexicon » de G. W. H. Lampe définit « apostasia » comme : révolte, défection, apostasie (du paganisme, du judaïsme, du christianisme, de l’orthodoxie), divorce, départ, se tenir en-dehors de.

A nouveau les 3 premières indiquent une abjuration spirituelle et les 3 dernières une disparition physique.

Le spécialiste en grec H. Wayne House souligne que les deux sens d’« apostasia » sont en vigueur sur toute la période allant de bien avant les écrits du N.T. jusqu’à bien après.

Il est aussi intéressant de noter que le mot « apostasia » indique un sens très voisin de : « apostasion » qui est utilisé exclusivement dans le N.T. pour indiquer une séparation physique liée à un divorce :

Matthieu 5 : 31 : « Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce (647 apostasion) ».

Matthieu 19 : 7 : « Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce <647> et de la répudier ? ».

Marc 10 : 4 : « Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce <647> et de répudier sa femme. ».

La précision « et de la répudier » indique une séparation, une rupture, un rejet, un délaissement.

Finalement, le mot « apostasia » n’est pas un terme technique, mais peut, selon le contexte, indiquer un départ physique.

5 Le verbe « aphistemi » peut faire référence à une séparation physique.

Tous les mots dérivent de racines, et une même racine peut donner aussi bien un nom qu’un verbe : par exemple : « rire ».

La forme verbale du nom « apostasia » est le verbe : « aphistemi » : les deux proviennent de la même racine : « histemi » : placer, se tenir…

Nous avons vu que « apostasia » n’a que 2 occurrences dans le N.T., mais la forme verbale « aphistemi » en a 14.

Il est remarquable que seulement 3 d’entre elles sur les 14 parlent d’un abandon spirituel, les 11 autres indiquent une rupture physique.

Par exemple : « Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n’ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent <868 : aphistemi > au moment de la tentationLuc 8 : 13. Là il est question d’une démission spirituelle.

Mais dans la plupart des cas ce verbe parle d’une séparation physique : par exemple :

« Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait <868> pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prièreLuc 2 : 37.

De même dans : Luc 4 : 13 + Luc 13 : 27 + Actes 5 : 38 + Actes 12 : 10 + Actes 15 : 38 + Actes 19 : 9

Ce que démontrent toutes ces occurrences c’est que tout autant « apostasia » qu’« aphistemi » sont utilisés pour décrire des séparations aussi bien physiques que spirituelles.

6 Le contexte élargi est en faveur d’une interprétation visant une séparation physique.

Il est courant d’affirmer que les 3 règles pour interpréter la Bible sont : le contexte, le contexte et le contexte…

C’est particulièrement vrai pour les mots ayant des significations multiples, parfois au sein même d’un paragraphe.

D’où la nécessité de ne pas considérer uniquement le contexte immédiat, mais élargi.

Etant donné que nous avons démontré que le verbe « aphistemi » tout comme le nom « apostasia » peuvent se référer tous les deux aussi bien à une séparation physique que spirituelle, examinons les contextes immédiats et plus larges de 2 Thess. 2 : 3a pour déterminer s’il s’agit d’une rupture physique ou spirituelle.

Le contexte plus large est en faveur d’une séparation physique, mais quel est-il ?

Ce sont 1 et 2 Thess. qui de plus ont été écrits de façon rapprochée dans le temps.

Il est intéressant de constater que chaque chapitre dans 1 Thess. se termine par une référence au Retour de Jésus : 1 Thess. 1 : 10 + 2 : 19 – 20 + 3 : 13 + 4 : 13 – 18 + 5 : 23 – 38.

En fait le passage le plus détaillé sur l’Enlèvement de l’Eglise dans toute la Bible se trouve dans le 4ième chapitre de 1 Thess. : 4 : 13 – 18.

Si le contexte est roi pour déterminer le sens de « apostasia » et que le contexte plus large des lettres aux Thessaloniciens se rapporte au Retour de Christ, ceux qui tentent d’interpréter « apostasia » devraient privilégier la séparation physique pour la compréhension de ce mot.

Voilà pourquoi le contexte élargi de ces 2 épitres ne plaide pas en faveur d’une interprétation spirituelle, mais bien d’une séparation physique.

7 Le contexte immédiat est en faveur d’une fuite physique pour l’interprétation de « apostasia ».

Le contexte immédiat est ce qui arrive dans le même chapitre, le même paragraphe.

Or 2 Thess. 2 : 1 nous dit : « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion (episunagoge) avec lui,».

Le mot « episunagoge » a donné : synagogue. Une synagogue est une assemblée juive.

Le verset 1 indique donc la teneur du reste du chapitre qui est la Venue du Seigneur pour rassembler Son Eglise lors de l’Enlèvement.

Les verset 6 et 7 continuent avec le même contexte : « Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà ; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu.».

Paul précise que l’Antichrist ne peut pas prendre de l’ampleur et de la puissance tant que celui qui le retient n’est pas préalablement parti.

Alors qui est ce « ce » qui le retient ?

Certains affirment que c’est Rome… mais Rome est partie et la rétention est toujours présente car l’Antéchrist n’est pas encore sur le devant de la scène.

D’autres disent que c’est Satan, mais pourquoi combattrait-il l’Antéchrist qui est de son bord (2 Thess. 2 : 9) ? Jésus ne précise-t-Il pas qu’une maison divisée contre elle-même ne peut subsister ? (Matt. 12 : 25 – 26).

D’autres encore parlent des gouvernements humains. Mais très souvent ceux qui vivent sous des dictatures témoignent que ces régimes ne restreignent pas le mal, mais plutôt y contribuent.

D’autres encore parlent de l’archange Michaël. Mais Jude 9 nous indique que Michaël ne conteste pas ouvertement, ni n’argumente avec Satan : il dit simplement : « Que le Seigneur te réprime ! ».

Je crois que ce « ce » qui le retient n’est personne d’autre que le Saint-Esprit, le Troisième Membre de la Trinité. Il y a plusieurs raisons à cela :

D’abord le Saint-Esprit est omnipotent : Actes 5 : 3 – 4. Il n’y a que ce pouvoir-là qui peut retenir l’Antéchrist qui sera l’homme de Satan et qui recevra directement son pouvoir (2 Thess. 2 : 9).

Ensuite dans le grec il y a un changement de genre entre le verset 6 où c’est un neutre (traduit par : ce) et le verset 7 où c’est un masculin (traduit par : celui). Ceci décrit le Saint-Esprit car en grec, l’esprit se dit « pneuma » qui est neutre, mais dans la Chambre Haute, Jésus Se réfère au Saint-Esprit avec le pronom masculin « Il » (Jean 14 : 16).

Aussi dans Jean 16 : 13, Jésus dit : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.».

Troisième argument : nous savons par d’autres passages des Ecritures que le Saint-Esprit est très actif dans la rétention du mal, comme « celui » qui est dépeint dans 2 Thess. 2 : 6 – 7.

Par exemple le Saint-Esprit a lutté avec les hommes pendant 120 ans avant le Déluge (Gen. 6 : 3).

C’est aussi le Saint-Esprit qui convainc les hommes et les femmes du monde entier dans le présent âge afin qu’ils fassent confiance à Jésus-Christ pour obtenir le salut personnel (Jean 16 : 7 – 11).

Maintenant : où vit le Saint-Esprit ?

Dans les enfants de Dieu (Rom. 8 : 9) et ceci pour toujours (Jean 14 : 16).

Par conséquent cet Esprit habitant dans les chrétiens doit disparaître avant que l’Antichrist ne puisse gagner en puissance : Paul décrit donc la fuite physique de l’Eglise qui doit arriver avant que l’Antichrist ne puisse entrer en scène.

En résumé : le contexte de tout le passage est l’Enlèvement de l’Eglise : Paul en parle dans les versets 1, 6 et 7.

A nouveau si le contexte est roi et que le nom « apostasia » et le verbe «aphistemi » peuvent se référer à un exode physique, la seule explication naturelle et logique pour « apostasia » est le Départ physique : l’Enlèvement.

Le contexte immédiat et le contexte élargi le confirment : comment pourrais-je alors considérer un reniement spirituel ?

8 2 Thess. 2 : 3a s’inscrit dans un cours de révision.

Les gens demandent souvent : si l’interprétation correcte de « apostasia » dans 2 Thess. 2 : 3a est l’Enlèvement de l’Eglise, pourquoi n’a-t-il pas simplement utilisé « harpazo » ? Ou directement : Enlèvement ?

La réponse est que Paul emploie beaucoup de termes pour décrire l’Enlèvement.

Par exemple : « rhoumai » dans 1 Thess. 1 : 10, ou : « parousia » dans 2 Thess. 2 : 1, ou encore : « episunagoge » dans 2 Thess. 2 : 1, « apokalupsis » dans 1 Cor. 1 : 7, « epiphaneia » dans Tite 2 : 13 et « harpazo » dans 1 Thess. 4 : 17.

Si Paul utilise une variété de mots pour décrire l’Enlèvement, il n’est pas surprenant de le voir utiliser un autre terme comme « apostasia » dans 2 Thess. 2 : 3a.

Une réponse à cette question est aussi due au fait que 2 Thess. 2 est un cours de révision. Il a déjà parlé aux croyants thessaloniciens sur l’Enlèvement (1 Thess. 1 : 10 + 4 : 13 – 18).

Ayant déjà utilisé une variété de mots pour décrire l’Enlèvement dans 1 et 2 Thess. (nous délivre, l’avènement, notre réunion), il n’est pas surprenant qu’il utilise un autre terme ici : en fait en 2 Thess. 2 : 5 Paul déverrouille le sens de tout ce passage : « Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? ».

Malheureusement il y en a beaucoup qui prétendent qu’il ne faut jamais parler de prophéties aux jeunes convertis. Paul n’est manifestement pas de cet avis, car, non seulement il a amené les thessaloniciens à Christ, mais il a aussi commencé à les enseigner sur les vérités prophétiques à un tel degré qu’il demande après cela : « Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? ».

C’est donc une révision générale en 2 Thess. 2 sur ce qu’il a déjà couvert dans ses enseignements. Lorsque vous faites des révisions, vous ne reposez pas les fondements à nouveau, non ? Mais vous utilisez des synonymes. Je suis enseignant et lorsque je fais des révisions avant un test, je ne répète pas tout ce que j’ai couvert pendant le semestre : j’utilise différents mots. C’est ce que fait Paul ici, et voilà pourquoi il n’emploie pas le même mot que dans 1 Thess.

Il est aussi important de noter que l’absence du mot « harpazo » ne devrait pas disqualifier ce passage comme ne parlant pas de l’Enlèvement, car beaucoup acceptent d’autres passages comme parlant de cet événement : Jean 14 : 1 – 3 + 1 Thess. 1 : 10 + 1 Cor 15 : 50 – 58 + Tite 2 : 13.

Dans tous ces passages on ne trouve pas le mot « harpazo ».

De plus beaucoup voient la disparition des 2 témoins comme un enlèvement (Apoc. 11 : 12) alors que le mot « harpazo » n’y est pas non plus utilisé.

En résumé : en comprenant que Paul utilise différents mots pour enrichir son style en revoyant ses explications précédentes, nous avons l’explication de la non-utilisation de mots tels que « harpazo », ou délivrance (1 Thess. 1 : 10). Il préfère utiliser le mot « apostasia » avec la même signification : une séparation physique.

9 Les premières traductions de la Bible favorisent le point de vue d’un départ physique.

Les premiers traducteurs de la Bible ont tous reconnu que le nom : « apostasia » de 2 Thess : 2 : 3a parle d’un départ physique. Au 4ième siècle, Jérôme a traduit le N.T. du grec au latin, ce qu’on appelle la « Vulgate ».

Vulgate signifie : commun. Le latin était le langage commun de l’époque et Jérôme voulait que les Ecritures puissent être lues par chacun.

Dans cette traduction il a utilisé le mot « discessio » pour traduire « apostasia » et ce mot signifie : départ.

De la même manière, toutes les premières traductions en anglais utilisent le mot : « departure » ou « departing » qui veulent tous les deux dire : départ.

Et pour « apostasia proton » cela donne : « Departynge first » : départ d’abord : Wycliffe Bible (1384), Tyndale Bible (1526), Coverdale Bible (1535), Cranmer Bible (1539).

Et « Departing first » = départ en premier dans Breeches Bible (1576), Beza Bible (1583), Geneva Bible (1608) : toutes traduisent « apostasia » comme étant un départ physique dans 2 Thess. 2 : 3a.

Mais alors comment la compréhension d’un « départ spirituel » est-elle survenue dans l’historique des versions anglaises ?

Thomas Ice donne l’explication suivante :

« Personne ne le sait vraiment, mais Martin Butella avance une théorie dans son Master de théologie en 1998 : la Rheims Bible (1576), qui est la traduction de la Bible catholique à partir de la Vulgate de Jérôme, est la première à faire ce pas. Il explique que « apostasia » fut révisé à partir de la Réforme Protestante qui est considérée comme le départ des protestants de l’église catholique. Les traducteurs catholiques étaient prompts à entrer dans des polémiques contre la Réforme et allèrent jusqu’à en impacter les traductions. ».

Cela montre que la rupture serait plutôt due à un problème de théologie qu’à un problème d’exégèse.

Plus tard, en 1611, les traducteurs de la King James ont utilisé l’expression « falling away » = tomber.

C’est peut-être la seconde fois qu’apparaît une compréhension pointant un départ spirituel dans les traductions anglaises… Mais pourquoi, puisque tous ceux qui ont précédé n’ont pas franchi ce pas ?

Le réponse la plus vraisemblable est que cette version date de la Réforme Protestante et que les traducteurs voulaient appliquer 2 Thess. 2 : 3a à l’abdication de l’église catholique romaine face à la vérité.

Finalement les 2 groupes : ceux de la Rheims Bible comme ceux de la KJV firent la même erreur théologique au lieu de faire confiance à l’interprétation d’un départ physique, prôné depuis si longtemps.

La plupart des versions modernes emboîtent le pas à la KJV : New King James, NIV, RSV, ASV, Jerusalem Bible, et New American Standart Bible ne disent plus « départ », mais induisent une hérésie spirituelle en utilisant des termes comme : apostasie, abdication, révolte, rébellion, rejet… :

En comprenant cet historique des traductions, on peut saisir pourquoi un si grand nombre de personnes n’ont jamais entendu parler d’un départ physique dans ce verset… et tous les traducteurs modernes continuent à suivre la compréhension de la KJV… Mais les premières traductions, elles, font toutes référence à un départ physique.

(NdT : toutes les Bibles françaises traduisent soit par « apostasie », soit par une périphrase indiquant une hérésie spirituelle. Elles datent toutes de la Réforme. La Bible d'Olivétan (à Neuchâtel) est la première traduction réalisée à partir des textes originaux en hébreu et en grec. Il s'agit de la première traduction intégrale des écritures hébraïques en français).

10 La compréhension d’un départ physique est soutenue par des enseignants réputés.

Même si cela reste une minorité, citons quelques sommités : Kenneth Wuest (enseignant de grec), John R. Rice, J.S. Mabie, E. Schuyler English, J. Dwight Pentecost, Paul Lee Tan, H. Wayne House, Stanley Ellison, Allen McRae et Gordon Lewis.

Dans un registre plus populaire, aussi bien Tim LaHaye que Thomas Ice adhèrent aussi à l’interprétation d’un départ physique.

Conclusion

Mon but est simplement le suivant : affirmer que ce dont parle Paul dans 2 Thess. 2 : 3a est qu’en tout premier lieu, avant l’arrivée de l’homme du péché, il y a un départ physique de l’Eglise par l’Enlèvement.

Paul explique aux thessaloniciens ébranlés par une lettre qui circule et qui serait prétendument de lui, qu’ils ne peuvent tout simplement pas être dans la Tribulation parce qu’ils sont toujours sur terre.

En d’autres termes : le Jour du Seigneur n’a pas encore commencé parce qu’il faut que l’Eglise soit physiquement enlevée au préalable.

10 raisons me conduisent à défendre cette position.

A lui seul, aucun des points ne permet cette affirmation, mais lorsque les 10 sont considérés ensemble ; il apparaît avec force que Paul parle d’un départ physique en utilisant « apostasia ».

Les hérésies sont la norme dans l’histoire de l’Eglise, comment cela pourrait-il être un signe spécifique des temps de la fin ?

Dans ses premières lettres, Paul n’entre pas dans les considérations liées aux abdications spirituelles de la fin des temps.

L’article défini devant « apostasia » induit un départ physique immédiat plutôt qu’un fait progressif.

L’utilisation du nom et du verbe issus de la même racine peut se référer clairement à un départ physique. Seuls le contexte immédiat et le contexte élargi permettent de trancher… et les 2 pointent vers le départ physique.

Paul n’utilise pas le mot « harpazo » parce qu’il fait une révision de ses enseignements précédents.

Toutes les premières traductions privilégient le point de vue d’un départ physique.

Cette thèse est soutenue par des enseignants crédibles.

Si ce que j’affirme est vrai, alors il est temps d’arrêter des débats sur le moment de l’Enlèvement. Le sujet est clos. L’Enlèvement aura lieu en premier, avant que la période des Tribulations ne commence. Nous pouvons développer la certitude que le Retour de Jésus pour nous soustraire physiquement à ce monde se situe avant les Tribulations.

Tite 2 : 13 indique avec pertinence que c’est notre bienheureuse espérance : « en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ.».